Il y a un an, je disais qu'il me fallait absolument une veste. Ou, à défaut, un copain, pour me tenir chaud l'hiver.
Je n'ai trouvé ni l'un ni l'autre.
Et j'ai même pas eu froid.
Il y a un an, je faisais ma rentrée au lycée Théophile Gautier, et je trouvais ça super-méga-génial-trop-cool-de-la-life. On pouvait sortir quand on voulait, et même si on allait pas plus loin que le trottoir d'en face on trouvait ça révolutionnaire. On faisait les connes en cours, on en avait rien à foutre des notes, en oubliant que derrière on avait des géniteurs-pseudos-parents-tuteurs-légaux-responsables-de-nous-et-donc-de-notre-dossier-scolaire. On était les 4 du fond. Les 4 folles, les 4 dégénérées, les 4 rebelles. Les 4 gamines, surtout... Les terminales nous disaient leurs avis sur nos profs. Maintenant, je sais que c'est un lycée de merde. Si je sors, c'est pour aller bouffer en ville parce que le self est devenu immonde, ou bien pour aller prendre un café au Marilyn avec Ophé, à la petite table du fond, qui va devenir "notre" table, si ça continue. J'écoute en cours, je participe, je me motive pour bosser et pour avoir des notes acceptables (même si c'est mal parti). Maintenant on est les 2 entre le 2ème et le 3ème rang. Sans adjectifs tellement approprié, on est simplement nous, c'est tout. Et ça me suffit. Maintenant, c'est moi qui donne des conseils aux secondes sur leurs profs. Comme un petit air de nostalgie...
Il y a un an, j'étais encore dans ma maison. Ma maison, avec son odeur, sa faible lumière automnale, ses petites habitudes. Avec ma chambre, froide et surpeuplée de bibelots et autres inutilités, avec sa tapisserie japonaise et ses posters hérités de ma soeur. Avec ses lumières blafardes qui me déprimait l'hiver. Avec sa porte-fenêtre qui ne donnait d'autre vue que l'énorme rosier de ma mère. Mais même si elle avait plein d'inconvénients, cette chambre, c'était ma chambre. Y avait 3 murs pleins, personne ne m'entendait m'énerver toute seule sur mes cours, et je n'étais pas obligée de m'asseoir à mon bureau pour faire croire à mes parents que je travaillais. Dire que je trouvais qu'une porte-fenêtre c'était déjà trop d'ouverture. Maintenant j'ai une fenêtre qui me prend la moitié d'un mur, plus une porte vitrée qui donne en plein sur celle du bureau de ma mère. On m'entend de la cuisine si jamais je chuchote, et je suis obligée d'aérer trois quarts d'heure par jour, même quand il fait froid pour faire partir l'odeur de la colle à tapisserie. Je ne me plains pas, elle est bien cette chambre. Elle est bien cette maison. Mais ce n'est pas ma maison. C'est tout.
Il y a un an, je pensais tout connaître, tout savoir, sur moi, sur le monde, sur mon avenir. J'étais encore et toujours obsédée par un certain F.V. et je pensais que rien ne me ferait l'oublier. J'allais sans aucun doute partir en ES, puisque de toutes façons la médecine et l'ingénieurie ne m'intéressait pas. Les cours étaient mon lieu de torture et je ne foutais rien. Je ne rêvais que de repartir en vacances faire du surf avec Sarah, prendre le train pour la Normandie avec Rosalie, et passer le reste du temps à la MJC. Contre toute attente j'ai oublié mister Surimi en deux temps trois mouvements. Je suis partie en S à cause d'une pièce de 2¤. Malgré tout, les cours m'intéressent, même ceux de français, c'est vous dire... Un point commun tout de même : je compte toujours les jours avant les vacances.
Alors, que dire ? Que j'ai changé, que j'ai évolué, que j'ai grandi tout simplement ? Le même genre de réflexions que je me fais à chaque rentrée, finalement. J'ai 16 ans et demi, mes pensées dans la musique, ma meilleure pote à côté de moi 12h/24, mes autres potes entre deux cours de prépa ou de fac, mon coeur quelque part vers Paris. Et c'est ça qui me fait tenir. J'irais pas jusqu'à dire que j'ai confiance en la vie, mais je sais pourquoi elle habite mon corps, et ça c'est déjà pas mal.
Ceci est une pomme de terre
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